Installation "Scrupulus I.A" de Florian Schonerstedt

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Publié le 3 février 2026 Mis à jour le 3 février 2026
Date(s)

le 29 avril 2026

Lieu(x)

Campus Georges Méliès

Cannes, Studio TV

Venez découvrir l'installation "Scrupulus I.A" dans le cadre du colloque "Créativités artificielles" le 29 avril à Cannes.

Scrupulus I.A est une installation née d’un projet artistique initié en 2017 lors d’une résidence de recherche au centre d’art 3 bis f, implanté au sein de l’hôpital psychiatrique d’Aix-en-Provence. Durant plusieurs mois passés sur le site, l’artiste observe la cour intérieure d’un ancien pavillon, autrefois recouverte de graviers. Ces fragments minéraux deviennent le point de départ d’une réflexion autour de la marche, de l’introspection et des pensées répétitives.

De cette observation émerge un geste simple et symbolique : remplir une paire de chaussures de gravier. La collecte, réalisée à « échelle humaine », prend la chaussure comme unité de mesure et renvoie à l’expression « avoir un caillou dans la chaussure ». Le titre Scrupulus fait écho à son origine latine : une petite pierre entravant la marche, devenue métaphore du doute, de l’inquiétude ou du remords.

Les 558 graviers récoltés sont ensuite triés, classés et photographiés. Projetées en boucle sur fond noir, ces images composent une animation abstraite évoquant un rocher en mouvement. Transférée sur pellicule et projetée en 16 mm, l’œuvre matérialise la notion de boucle : la pellicule défile sans fin, telle un ruban de Möbius, rythmée par le son mécanique du projecteur.

L’installation intègre également une dimension algorithmique : un système d’intelligence artificielle génère de nouvelles images à partir du corpus initial de graviers, prolongeant les données apprises à l’infini. Les artefacts produits — poussières, défauts, textures — se mêlent à ceux de la projection argentique. Scrupulus I.A se construit ainsi par strates, croisant stop-motion, intelligence artificielle et cinéma analogique, dans une évocation de l’éternel retour, entre Sisyphe et Prométhée.

Présentée en décembre 2024 au festival OVNI à Nice, l’installation s’adaptait à l’intimité d’une chambre d’hôtel. Elle était accompagnée de modules d’assise écoconçus par le studio Smarin, invitant les spectateurs à s’allonger et à contempler la projection au plafond, comme un ciel étoilé. Le projecteur, placé au centre, devenait un élément sculptural à part entière.

Pour une nouvelle présentation dans le cadre de la Fête des Lumières, Scrupulus I.A évolue vers un format 35 mm, en résonance avec le Théâtre des Célestins et l’histoire lyonnaise du cinéma. Installée sur la scène, la projection gagne en ampleur et en luminosité. Une grande assise circulaire entoure le projecteur, tandis qu’un écran placé en hauteur permet une projection sommitale. Le public peut ainsi découvrir l’œuvre depuis la salle ou en faire l’expérience en montant sur scène, franchissant symboliquement la frontière entre spectateur et dispositif.

En clin d’œil aux origines, le projecteur 35 mm utilisé est un modèle Buisse et Botazzi, constructeur lyonnais historique, ancrant l’installation dans une mémoire locale du cinéma tout en prolongeant sa réflexion sur le temps, la répétition et la matière.